Chemin de Rencontres - Caroline

13 novembre 2015

Grégory - Présentation

 

Aux prémices de notre rencontre ;

Nous nous sommes retrouvés dans le silence. Nous nous observions comme deux êtres sans attentes, juste curieux de se connaître. Puis, ce fut par ton accord, Caroline, que je pus pour un temps te soutenir, t’accompagner et partager ton lieu de vie. De cette relation amicale, je retiendrai surtout que nos corps souffrants communiquaient par eux-mêmes, tant le vide qui nous séparait devenait un courant de volonté commune.

Par la suite, tu m’as invité à communiquer avec le cœur ;

Dans cette échange, nous avons mis des mots sur nos perceptions, Caroline soutenu par une main facilitante et moi soutenu par une main interrogative. Volontairement, nous avons donné corps à une entité philosophique, d’où convergeaient notre raison et notre foi. Spontanément, nous avons partagé ces instants, au croisement de nos chemins de vie. L’un et l’autre, nous avons appris, par la force des maux, à mieux nous connaître, et comme pour soi-même, nous avons appris, par la force de l’esprit à mieux renaître dans nos corps respectifs. Nous le savons intimement, que tous les jours, c’est une prouesse, entre lutte et lâcher-prise, car se surpasser en terme de volonté est notre réalité première, parsemée de souffrance et de joie.    

En conclusion,

Nous passâmes plusieurs échanges, sans commencement ni fin, dans une attitude des plus sacrée, pour nous quitter dans un autre temps, avec une dimension spirituelle plus étendue. Notre échange se mua lorsque le langage du corps repris ses droits.

A notre prochaine rencontre !

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Rencontre avec Grégory

                                                                                                                                                         Le 12 mars 2015

 

caroline :  Salut Greg bienvenue chez moi.

Grégory :  Merci Caroline de m’accueillir.

caroline : Je t écoute.

Grégory :Tu m'écoutes... Alors Caro, je vais te poser quelques questions. J’en ai noté quelques unes sur des papiers qui m'interpelaient. C'est vrai qu'on a déjà parlé un petit peu autrefois. Tu m'as raconté ce que tu aimais manger, ce que tu aimais boire, ta couleur préférée, etc. Je voudrai donc aborder avec toi d’autres sujets.. Tout d’abord, j'aimerais savoir comment tu vis cette expérience de l'appartement après ta période en institution.

caroline : C'est extraordinaire ! Être chez moi est une révélation, un bouleversement.  L'appartement est mon chez-moi, l'institution et le chez-nous. Et c'est là une différence fondamentale. Je préfère habiter chez moi avec vous.

Grégory : D'accord….

caroline : J'y suis écoutée, entendue. C'est le plus important pour moi. Bien sûr, mes besoins vitaux d'abord, mais sans écoute, il ne peut y avoir de besoins répondus. Alors oui, j'aime ça, être chez moi.

Grégory : Est-ce qu'il y a néanmoins, Caroline, des choses en institution qui te manquent ici à l'appartement?

caroline : J'aime être avec mes amis cabossés. Je demande à les inviter car on aime se rencontrer, partager. C'est important, ce lien. On est semblable. On vit sur la même planète et ça nous fait du bien d'être ensemble. Comme toi avec tes amis, car tu es il me semble aussi sur une autre planète, non?

Grégory : Un petit peu, oui. C'est vrai qu'on est tous d’une certaine manière sur une autre planète. Même si on est avec les autres, on est chacun un peu dans notre dimension.

caroline : Quelle est ta planète ?

Grégory : Quelle est ma planète? Je la cherche encore, en fait. Je cherche encore ma planète, Caro. Je suis un peu un exilé, je recherche d'où je viens, un lieu plus pur, mais je ne sais pas encore où.

caroline : L'exil, ça me parle. On a ça en commun. Je te rejoins là, c'est là notre point commun. La recherche d'un sens à notre vie peut-être?

-     Peut-être, oui. Il y aurait beaucoup de questionnements sur ce sujet. A propos de questionnement, quels sont, Caro, tes questionnements intérieurs qui t'inspirent le plus?

-  caroline : On y vient... mes questionnements... pourquoi tant de distance entre les êtres humains? Pourquoi une telle incompréhension de l'autre? J'aimerais et je cherche à rejoindre l'autre. Nous avons tant à partager.

Grégory : Comme disait Sartre: “L'enfer, c'est les autres.” Tout ce problème de distance avec les gens, comment est-ce qu'ils nous comprennent... Justement, j'avais noté sur ce sujet une question, j'aimerais savoir si avec les gens, tu es plus sensible: au langage, aux attitudes, aux gestes ou aux expressions. Qu'est-ce qui finalement te touche le plus, dans ta proximité avec les gens ? Sachant qu’on est toujours en rapport avec l'autre.

-  caroline : Chez l'autre, je sens et entends au-delà des mots. Même pas une attitude. Encore au-delà. Tout à l'intérieur. Mais visible peut-être aussi dans une attitude.

-  Grégory : En parlant d’un autre langage quelle effet te produit la musique?

-  caroline : Ce que ça fait en moi, c'est ça la question pour moi. Elle entre en moi de partout. Elle vient habiter mon corps. Elle m'emporte et c'est ça qui est le plus fort, le plus fou et ce que j'aime dans la musique. Tous les styles me plaisent. Le choix se fait en fonction des vibrations que ça créé en moi.

-  Grégory : Ne ressens-tu pas dans la musique un fort sentiment de nostalgie?

-  caroline : Nostalgie. Qu'est ce que c'est?

-  Grégory : Le retour d’un sensation profonde.

caroline : Peut-être pas un souvenir de vie, mais un souvenir, un réveil de ce qui est au plus profond de moi. Tu comprends cette sensation?

-  Grégory : Oui, je tente de le percevoir... Caro finalement quel langage te parle le plus?

caroline : Le langage du coeur bien sûr ! Il peut s'entendre de différentes manière suivant les personnes et les situations. Toi, tu le dis sûrement entre autres dans ta musique. Il se dit rarement avec les mots. Ce n'est pas votre manière habituelle de vous dévoiler. Alors j'écoute votre corps, je vois vos transparences.

-  Grégory : Ce  ne sont pas les mots qui te parlent le plus.

-  caroline : Oui c'est comme ça que je le sens. Ils vous sont bien pratique vos mots. Ils sont si grands qu'ils vous cachent.

-  Grégory : Exactement, le langage justifie plus qu’il ne dit…

-  caroline : Et vous pensez que je suis en manque, sans les mots!

-  Grégory : C’est vrai, le silence est lourd à porter… Tu dois bien percevoir cela avec les animaux… Je crois que tu as chat ici, votre cohabitation se passe bien?

-  caroline : Kitty est bien ici. Elle aime mon énergie et j'aime sa nonchalence. On mêle nos énergies et on se fait du bien mutuellement.

-  Grégory :C’est ainsi qu’on apprend à vivre ensemble…

-  caroline : Oui et j'aime connaitre ce monde. Il a besoin de nos prières et de gens comme nous pour être bon. Crois-tu à la puissance des pensées?

-  Grégory : Je me dis que la force de la pensée donne à la conscience collective toute son harmonie, qu’elle a aussi  un rapport au mouvement du corps. On le ressent à l’intérieur de nous.

-  caroline : Oui, je les sens comme étant nous au même titre que nos corps, mais en plus puissant. Tu as utilisé le mot harmonie et c'est cela que je cherche pour moi et désire pour notre terre.

-  Grégory : C’est l’intention du meilleur… Et quelle saison préfères-tu?

-  caroline : La saison du coeur! ... je suis plutôt des douces chaleurs. Très sensible aux grands changements. Parfois ils me font comme mal. Parfois ils me font dormir. Je n'aime pas ces gros changements dont l'homme est responsable. La terre, c'est comme si elle me parlait.

-  Grégory : Caro parle moi de ta vision des religions? Es-tu plus attaché à l'une d’entre elle?

- caroline : D'abord j'aimerais te dire que j'aime tes questions. J'aime pouvoir mettre en mots (!) Ce que je vis et tes questions m'y conduisent, m'ancrent dans cette réalité.

Les religions relient, enfin, c'est le nom qui le dit. Et elles séparent, délient. J'aimerais un lien qui nous unissent tous. Je ne me sens pas d'une religion en particulier. J'aime l'universel. Je connais un peu le bouddisme par Benoît. Et ça me parle bien. Pas la structure ritualisée mais leur manière de voir et d'expliquer la vie. J'ai aussi entendu parler de quelques êtres particuliers qui me sont proches.

- Grégory : Pourrais-tu me donner un exemple?

- caroline : Des êtres qui me sont devenus particuliers. Leur histoire de vie. Leur lien avec l'invisible. Jésus est un de ceux-là. Une sacrée belle personne.

(Gregory remercie pour le partage)

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Benoît - Présentation

« Alors tout a commencé, je pense que c’était un mercredi avec Cérébral Valais il y a 7 ans . Je n’ai pas accompagné Caroline ce jour-là mais, la connexion s’est faite.

Ensuite il a fallu attendre une année je crois pour qu’on se revoie lors d’un week end, toujours grâce à Cérébral Valais mais cette fois je l’ai accompagnée et la relation s’est intensifée : on a plongé l’un dans l’autre et sans bouée ! C’était une immersion de l’esprit , plus de barrière physique, la communication pouvait commencer .

Depuis nous nous sommes retrouvés quelques fois pour des accompagnements en week end , c’était toujours un plaisir pour nous deux, jusqu’au jour où sa mama m'a proposé de faire partie de l’aventure de ton appart', et quelle Aventure , je n’ai pas hésité!

Aujourd’hui je ne fais plus partie du Navire, mais je suis très heureux qu’il continue sa route et je vous souhaite un bon voyage à toi Caro et à tout ton équipage ! « 

 

A bientôt !

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Rencontre avec Benoît

 

Caroline : Bonjour Benoît.

 

Benoît : Bonjour Caroline, Bonjour Anne-Catherine.

 

Caroline : C’est drôle un médium entre nous deux... alors qu’on se parle si souvent.

 

Benoît : Mais... je ne vois pas de médium entre nous.

 

Caroline : Mais si,... un clavier qui pose mes paroles. Pourquoi pars-tu ?

 

Benoît : Comme je t’ai dit tout à l’heure, je me demande si je pars vraiment.

 

Caroline : Oui ,tu as tout compris... Mais tu ne seras plus aux petits soins quotidiens avec moi.

 

Benoît : Ah, ben j’en suis désolé ! En fait, je me demandais, en parlant des soins, est-ce que, comme il y a d’autres personnes qui prennent soin de toi, j’en suis arrivé à prendre plus soin... à la limite de l’intérieur, de notre intérieur plus que de l’extérieur avec toi ?

 

Caroline : Tous prennent soin de moi. Chacun à sa manière et toi aussi en prenant soin de l’intérieur tu prends soin de l’extérieur.

 

Benoît : De toute façon, moi, ce que j’ai réalisé avec toi, dans mes pratiques et avec d’autres personnes, c’est vraiment que l’extérieur c’est assez facile puisqu’on est habitué dans ce monde à prendre soin de notre corps, de notre extérieur, de notre maison, de notre jardin, c’est assez facile... mais il y a combien de personnes qui prennent soin, justement de leur jardin intérieur, puisque c’est ce qui découle de l’intérieur qui émane à l’extérieur. Donc pour ça, ce que j’aimerais, et ma réponse à pourquoi je pars, c’est pour prendre soin de l’intérieur encore plus et puis comme ça pouvoir émaner ou aider les autres avec leur corps, plus précisément, plus subtilement.

 

Caroline : Je suis si fière de toi. J’aime ton chemin et c’est pourquoi on s’entend si bien.

 

Benoît : Merci.

 

Caroline : Je continuerai aussi de t’accompagner. Car on est bien d’accord qu’on s’accompagne mutuellement. Merci pour tout ce que tu m’as apporté. Ta joie de vivre, ta bonté intérieure et ta vie intérieure.

 

 

 

Benoît : J’espère donner encore plus de rayons autour de moi, de joie de vivre. Mon corps est encore assez limité. J’aimerais le développer par l’intérieur, ce corps. Je pense que toi tu as compris ça déjà, avec les difficultés que cela implique, les empêchements avec le corps. Je ne me fais pas de souci pour toi, en fait.

 

Caroline : Oui nos rayons se rejoindront entre nos deux nouveaux lieux de vie... Et l’empêchement extérieur me permet le développement de tout ce qui se passe à l'intérieur et que toi tu apprends. Moi aussi ,j'ai encore du chemin et toi tu m'y conduis, sur ce chemin de continuité.

 

Benoît : J’en suis très heureux, alors. Il faut qu’on continue tous. Il faut encore aider ceux qui n’ont pas réalisé qu’ils sont déjà sur un chemin. Ils sont sur le même chemin, mais ne se sont pas arrêtés pour regarder. C’est ça qu’il faut faire. Il faut les arrêter et toi tu es assez forte pour ça ! Faire arrêter les gens dans le moment, dans la clarté du moment.

 

Caroline : J’allais le dire. Tous ceux de l’appartement, je m’en occupe.

 

 Benoît : Tu es là, ça va. Parce que l’appartement, il sera toujours un espace, un espace ouvert et il faut qu’il le reste. C’est ça que je souhaite, en partant, que l’appartement reste un espace ouvert.

 

Caroline : Je te remercie de tes souhaits pour l'appart’. Qu’il reste un espace d’ouverture à l'autre.

 

Benoît : L’appart’ n’est qu’un prétexte, c’est un médium, exactement comme ce clavier. Ton intention, c’est la même que d’autres personnes qui fabriquent ce lieu et on s’aperçoit encore bien là que c’est de l’intérieur vers l’extérieur que tout se créer et pas l’inverse. Les murs, c’est des murs, ils vont se détériorer, partir en miettes. Notre corps va partir en miettes, ce n’est pas un souci.

 

Caroline : Tout est médium sur cette terre. Et tu me le montres et le dis si souvent. Que tout s'explose!!!

 

Benoît : Voilà, alors moi, j’espère tout exploser en partant, ça va peut-être aider certaines personnes, ou moi, ça va peut-être m’aider. Déjà moi, ça va m’aider c’est sûr et symboliquement, ça va peut-être aider, même sûrement, d’autres personnes.

 

Caroline : Merci, Benoît mon ami.

 

Benoît : Merci Caroline, mon amie. Et Samuel qui va venir, ça va mettre un autre cadre, c’est réjouissant pour toi et pour toutes les personnes qui vont arriver, parce que j’imagine que ça va encore remuer ici.

 

Caroline : Samuel et moi et tous ceux qui seront ouverts à notre énergie... ça peut effectivement être beau.

 

Benoît :C’est sûr, c’est ce que je vois déjà, donc je ne me fais pas de souci dans la direction où ça va. Il va falloir aussi que tu prennes soin de Line, de Sandra qui semblent pleines de peur, qu’elles n’ont pas vraiment intégré le changement dans leur vie. Et ça c'est le plus gros travail d’une maman, je pense. Et d’une personne en général. La maman a plus de difficulté et en même temps elle a de la chance de pouvoir expérimenter ça. Le changement, l’abandon. L’abandon, ce n’est peut-être pas le mot,… si l’abandon. Abandonner, laisser aller. Je crois qu’il va falloir les aider. C’est ce que Samuel fait avec Sandra, toi tu le fais avec Line. Rebecca se charge aussi un peu de ça. En tout cas, je vois ça.

 

Caroline : Les mamans sont aussi des êtres particuliers. Laissons-les nous guider et accompagnons-les dans ce qu'elles ont à vivre sur ce paysage.

 

Benoît : Pour moi, la maman est vraiment le symbole de l’espace. Et soit il est complètement fermé autour de l’enfant, soit il est très ouvert. Je crois que la maman a le rôle, le chemin à apprendre à rouvrir l’espace autour de l’enfant.

 

Caroline s’endort…. Dans l’espace

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Rencontre avec Benoît n°2

Le 9 juin 2014

 

Caroline et Benoìt se retrouvent dans un centre bouddhiste. Caroline a passé le week end chez ses parents et Benoît est allée la chercher à Savièse. Ils iront ensuite à l’appartement de Caroline à Sion.

 

 

Caroline : Bonjour Benoît. Beau lieu pour une rencontre...

 

Benoît : Salut Caro. Je crois que tu as raison. Il n’y a pas de meilleur lieu pour poser l’esprit.

 

Caroline : Je me pose un peu trop je crois. Retiens- moi. (Caroline ferme les yeux)

 

Benoît :Je vais penser que je suis soporifique. Caroline revient s’il te plaît, reste avec nous.

 

Caroline :J’essaie... Allons-y…Parle-moi de ton lama.

 

Benoît :Ah ! Lama Norbu Repa. Ça tombe bien. On a eu cette belle surprise qu’il descende d’Allemagne, de Strasbourg, jusqu’en Valais et repartir en France juste après. Donc il est resté une journée et demi ici et il nous a emmenés dans son énergie et ses enseignements. C’était magnifique. Il est allé voir son lama, sa Sainteté le Karmapa. Donc, il venait d’aller voir son maître et il nous a donné toute cette belle énergie. A nous et à tous ceux qui n’étaient pas là. Tu en fais partie maintenant, avec cette connexion que tu as eue.

 

Caroline :C’est bon d’être accompagné par un maître. Je trouve ça merveilleux.

 

Benoît :Oui.

 

Caroline :J’aimerai en croiser plus souvent.

 

Benoît :Justement, je me demandais si tu en avais déjà croisés, des maîtres tibétains, par exemple. Pas tibétains, mais bouddhistes.

 

Caroline :Dans l'espace plutôt. Des maîtres hors du corps, des pensées vivantes.

 

Benoît :Oui, tu as quand même une grande affinité avec le courant bouddhiste parce que par plusieurs biais tu es arrivée à rencontrer des grands maîtres et des belles personnes qui sont pour l’instant dans cette voie-là.

 

Caroline :Oui, merci à tous ceux qui m'ont permis ces rencontres. Je suis si reconnaissante à tous ces maîtres qui nous enseignent la vie. Et on est aussi des maîtres les uns pour les autres et ça c’est juste top.

 

Benoît :Ça c’est une belle compréhension que tu as de voir en chaque événement, en chaque personne un maître potentiel. C’est la fondamentale de toute spiritualité. C’est le symbolisme dans la vie qui est le plus fort quand on arrive à le voir, quand on arrive à voir les choses purement. Tout est enseignement, tout est Bouddha et ça c’est magnifique.

 

Caroline :Oui, je le vis tous les jours. Tous ces gens que j’ai croisés dans ma vie ! Les bons et aussi les autres qui m'ont peut-être encore plus appris. Tu parlais d'abandon, je l’ai appris de ces rencontres malencontreuses.

 

Benoît :Ah ! Tu as fait des rencontres malencontreuses ? Matériellement ? Sur cette terre ou ailleurs ?

 

Caroline :Des personnes qui ne me voyaient pas alors que j'étais juste là, en face d'elles. Qui ne prenaient soin de moi qu’à travers leur petite et fausse vision de mes besoins,

 

Benoît :Mais j’espère qu’il n’y en a pas trop autour de toi en ce moment. Je te le souhaite en tout cas.

 

Caroline : Oh non pas du tout.

 

Benoît :On a tous cette tendance-là. Parce que même moi j’ai cette tendance à des moments de voir mon petit ego. De prendre plus soin de mon ego que des autres, c’est sûr.

 

Caroline :Vous êtes si bons avec moi. Ton ego n'est pas si grand, quand tu es avec moi. Tu t’oublies plutôt en moi.

 

Benoît :C’est sûr. C’est une bonne chose, non ? Avec toutes les heures où je l’adule, je peux bien passer quelques heures avec toi où je l’ignore, où je le laisse complètement de côté, où il n’existe plus, j’espère.

 

Caroline :Oui c’est une bonne chose, en tout cas pour moi.

 

Benoît :Pour moi aussi, figure-toi, c’est une très très bonne chose. Tu es un médium pour m’aider à avancer. Si je peux m’exprimer comme ça. Et on en revient à dire que tout peut être médium, moyen habile pour nous aider à avancer. Je pense que tout est pur, finalement. A nous de purifier notre vision. Mais tout est déjà parfaitement clair et pur. Je pense que tu vis dans un monde clair et pur et nous on vit plutôt dans un monde que l’on complique. Donc, en méditant, en essayant d’ignorer son ego, on se rapproche plus de ton monde, ça c’est sûr. On fait des va et vient dans ton monde et tu fais des va et vient dans le nôtre. C’est pas mal. Si on arrive à se croiser au bon moment, c’est cool.

 

 

Caroline :On se rencontre si bien. Tout n'est pas si pur. Je te rassure. On va de l'un à l’autre et tu m’apportes autant. Ne soit pas si modeste sur toi. Je t’aime.

 

Benoît :Moi aussi je t’aime beaucoup Caro, on s’aime beaucoup. Merci...

 

J’aurais une question, je peux ? Est-ce que tu trouves qu’il est meilleur ou plus intéressant d’aider les personnes cabossées en les sortant, en allant leur faire faire du bowling, manger des pizzas, les faire raccorder à quelque chose qu’ils n’ont pas accès, leur redonner des envies, très humaines, enfin, très matérielles et concrètes ? Est- ce qu’il est plus intéressant de leur réapprendre les envies, leur réapprendre les désirs, les attentes, l’impatience, plutôt que de travailler sur leur état qui est plus proche d’une réalité ultime pour moi. Pourquoi leur redonner des tâches et des impuretés dans leur esprit plutôt que d’aller dans leur sens et de continuer à leur ouvrir leur cœur et leur esprit à quelque chose de plus ultime ? Comment tu vois les choses toi, par rapport à ton corps et ton esprit et les autres que tu côtoies et que je côtoie aussi. Je pense aux personnes à Cerebral Valais qui font des week-ends, des personnes comme Samuel, des personnes qu’on connaît bien. Des enseignements, des choses plus profondes ne les aideraient pas plus ? Les remettraient peut-être dans une situation plus réelle par rapport à leur situation physique et d’esprit. Est-ce que ça serait pas plus judicieux de les faire avancer comme ça ?

 

Caroline :Je suis cabossée. J'aime sortir avec vous, j’aime les rencontres surtout. Effectivement, tout n'est pas si simple. Les sorties m’aident et me rapprochent de vous. Et je suis pour un rapprochement, une meilleure compréhension de nos deux mondes. Venez donc vous aussi vers nous.

Comment pouvez- vous nous comprendre?

 

Benoît :Si par exemple moi, je me développe intérieurement, il est certain qu’on va se rencontrer beaucoup plus facilement et je vais pouvoir t’aimer et te comprendre. Et donc pouvoir te comprendre beaucoup plus facilement. Mais il faut d’abord que je sache qui je suis, qu’est-ce que c’est que Benoît ? Qu’est-ce que c’est que cette réalité, avant de t’approcher, toi et les autres, tous les autres, tous les êtres. Je pense que, ce que je voulais dire par ma question d’avant, c’était est-ce que tu as déjà réfléchi à la cause vraiment ultime de ta souffrance actuelle, si s’en est une. Est-ce que tu as déjà essayé de voir le fondement de ces empêchements que tu as actuellement, la vraie cause. Je ne parle pas de cause physique, la naissance ou des choses comme ça. Est-ce que tu as déjà replacé ton handicap dans quelque chose de plus ultime. C’était ça ma question. Et si oui, est-ce que tu as une réponse à me donner ? Ou à te donner ?

 

Caroline :Les empêchements et les causes ultimes sont de mon karma, tu le dis. Le nettoyer par cette vie difficile pour éradiquer ces causes ultimes. C’est pour ça que je dis que j'ai encore du chemin et que vous m'aidez sur ce chemin…

C’est la seule réponse que je peux te donner.

 

Benoît :Est-ce que tu aurais envie de suivre quelqu’un qui t’explique, comme Sixte ou Lama Norbu ou un prêtre ? Est-ce que tu aurais envie d’avoir des réponses par quelqu’un qui a déjà fait un peu le chemin et de poser des questions à des personnes comme ça pour avancer ? Parce que nous on est encore dans notre ignorance totale, si je puis dire, enfin, moi, c’est pour ça que je vais essayer de m’éduquer, d’apprendre, mais j’ai besoin de quelqu’un qui a fait le chemin. Est-ce que tu aurais envie de suivre quelque chose comme ça, plus sérieusement ?

 

Caroline :Envie de réponses. Jusqu'à présent c’est la vie qui m'accompagne et les compréhensions entre cabossés et notre manière de communiquer et d’être en dehors de ce corps.

Enrichir mes compréhensions me parle bien. Avec ceux qui peuvent m'aider. Je n'y avais pas pensé car pas accès à des maîtres. Pas toujours compris de nos accompagnants, donc pas de possibilité imaginée.

 

Benoît :Et maintenant ? Ça veut dire Oui ?

 

Caroline :Tout change vite pour moi. Très vite. Tant de nouvelles possibilités s'ouvrent à moi.

 

Benoît :On ne sait pas combien de temps on a, Caro. Ça tu en es consciente, je sais. Pour apprendre, le meilleur moyen, c’est le corps humain et l’esprit. Je dirais que tu as une grande grande chance et en même temps un grand grand empêchement. C’est ce qui fait ta force. A toi de découvrir quel moyen tu as pour avancer et acquérir de la connaissance rapidement. Je te fais tous mes souhaits dans ce sens-là parce que, tous les êtres, on peut leur faire des souhaits dans ce sens-là. Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de la chance qu’on a. On se rend pas bien compte que c’est une bulle de savon tout ça. Faisons de notre mieux.

 

Caroline :Mais la vie continuera après et d'autres bulles de savon se présenteront, d'autres vies et d'autres conditions de vie, non?

 

Benoît :Oui. Si tu disais ça dans les vies d’avant où tu étais quelqu’un qui pouvait marcher, qui pouvait danser, manger toute seule. Et maintenant tu vois comment on peut être dans une prochaine vie. C’est un gros empêchement quand même .pour toi et ça peut être encore pire, je pense. On peut se retrouver carrément avec un esprit tourmenté et là on ne pourra plus jamais ou pendant longtemps se pencher sur la question et discuter entre nous. Donc, ça c’est des connaissances qu’il faut vraiment acquérir. Tu es sur la bonne voie je pense, continue comme ça. Les rencontres que tu fais maintenant ça veut bien dire que tu as beaucoup travaillé avant, déjà.

 

Caroline :Ma vie d’aujourd’hui n'est pas vraiment un empêchement.

 

Benoît :Ta vie de demain pourra l’être encore plus.

 

Caroline :Les rencontres me font avancer. Et pourquoi ce corps est si empêchant puisque il me fait te rencontrer?

 

Benoît :Ce n’est pas le corps qui est empêchant, ce sont les moyens que tu as d’avancer à la compréhension et à la connaissance. Ce sont des moyens beaucoup plus lents que quelqu’un qui aurait accès à aller tout seul sur internet, regarder des enseignements ou se déplacer tout seul, prendre le train et aller suivre un maître ou rencontrer une personne qu’il aime. Toi tu ne peux pas le faire, pas facilement, il te faut du temps, il te faut des moyens beaucoup plus importants. Pour ça, c’est un empêchement. Et le temps, on n’en a pas forcément, on ne sait pas combien. Si on se rappelait notre karma avant, on pourrait savoir jusqu’à quand on est dans cet état, dans cette vie. Mais on est encore loin de savoir tout ça. Peut-être que toi tu sais.

 

Caroline :Et ceux-là sont aussi vite à aller de droite et de gauche...

 

Benoît :Donc ton corps qui ne peut pas aller à droite et à gauche est peut-être une bénédiction, c’est vrai. Si tu en es consciente comme tu l’exprimes, alors oui ton corps est une bénédiction, plus que le mien. Parce que moi, il m’a fait perdre du temps aussi. Aller à droite et gauche, tester des choses, se rendre compte qu’elles ne vont pas, recommencer parce qu’on a une tête de bois. Tu as raison.

 

Caroline :A chacun sa bénédiction....

 

Benoît :Et à chacun ses empêchements...

 

On pourrait continuer à discuter. Il y a déjà beaucoup de choses de dites, moi tu m’as donné des réponses, tu m’as posé des questions. Si je peux conclure pour moi et après tu concluras si tu veux, je ne vois aucune différence entre toi et moi. Ce n’est que du bla bla de dire que mon corps est un empêchement et pas le mien. Si on a une bonne connaissance de la Réalité, il n’y a pas de souci. Comme tu disais, on en fait ce qu’on veut de nos empêchements et de nos avantages. On peut même les inverser si on veut. Donc, ça c’est du bla bla. Par contre, moi je te fais tous les souhaits du monde de continuer et d’avoir des personnes qui t’accompagnent qui soient équilibrées dans le sens que, ok, il faut aller au cinéma, ok il faut aller manger des pizzas, ça c’est bien. Mais il faut aussi des personnes, et je pense que tu en as autour de toi, je pense à Catherine, à Line, qui continuent de t’ouvrir les portes de l’esprit et non pas que des portes du monde matériel parce que on a tous besoin de continuer à avancer ça c’est clair, intérieurement. J’espère que les personnes autour de toi elles seront toujours équilibrées. Dans le sens un petit peu de matériel, un petit peu de spirituel. Anne-Catherine est là pour te le montrer aussi. Donc, il n’y a pas de souci. Je suis assez confiant pour l’avenir. Même si d’autres personnes que je ne connais pas arrivent il y a déjà un équilibre qui est là. C’est toi la gardienne de l’équilibre, dans l’appartement et pour toi-même. Comme pour ton papa et ta maman, tu es au milieu.

 

Caroline :Les rencontres sont guidées par la vie. Merci pour tes souhaits et que toi aussi tes rencontres t'enrichissent et soit certain que je viendrai te trouver.

 

Benoît :Tashi dele. Merci Caro, merci Anne-Catherine. Merci aux lamas. Tout ce qu’on a dit, je l’offre à tout le monde, à tous les êtres qui sont là aussi.

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Elisabeth - Présentation

 

Bonjour,

 

Je m’appelle Elisabeth, je suis née le 29 janvier 1948,

J’a quatre enfants, deux garçons, deux filles:

Alexandre, Lucien, Marie, Cécile

et cinq petits enfants,

dans l’ordre des naissances:

Lena, Justine, Livia, Manon, Mathis

 

Une grande émotivité me joue souvent des tours.

 

J’ai souhaité être une soignante. Dans les année soixante, assistante en soin, auxiliaire de vie, etc. ces profession n’existaient pas, on pouvait seulement être infirmière et il fallait faire une maturité.

Une enseignante (religieuse) m’a dit: « toi! Infirmière! Tu ne seras même pas capable d’élever une famille. »

 

J’ai fait l’école des beaux-arts. J’aime dessiner. Avec mes dessins, ou dans mes jardins, je me sens soignante.

 

J’ai toujours été attiré par ce qui est tordu, cabossé. Décorer un sapin qui ne sera jamais acheté parce qu’il n’est pas bien droit, équilibré. Un arbre qui a poussé sur un terrain difficile, qui lutte pour grandir. Une fleur qui sort d’entre les pierres, les fleurs de haute montagne.

 

Je ne ressens pas la pitié pour les cabossé de la vie, mais un profond désir de rencontres, de se trouver.

 

C’set jamais pareil avec chacun. A Cerebral, j’ai l’impression de rentrer dans un labyrinthe, ou ensemble on colle des soleils, des lumières, des papiers colorés.

 

Je remercie les personnes qui m’ont menée sur ce chemin.

 

La vie nous cabosse, nous malmène. Ne pas se laisser cabosser à l’intérieur est un boulot de tous les jours.

 

L’univers est violent et magnifique.

On reçoit des caresses et des claques

des claques et des caresses.

 

Elisabeth Loye

 

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Rencontre ave Elisabeth

Le 22 janvier 2015

 

(Elisabeth a fait une collerette pour Caroline à partir d'un tissu noir avec des têtes de mort. Elle essaie la collerette à Caroline et lui demande son avis.)

Elisabeth : J'aimerais que tu ailles avec Marie chercher des tissus qui te plaisent pour pouvoir faire des collerettes qui soient plus à ton goût. Tu lui diras si tu es d'accord.

 

Caroline : Merci pour la collerette. Marie m'entend et te transmettra mes désirs. Déjà je peux dire qu'elle me plaît beaucoup. Reste à organiser une soirée pour l'étrenner...

 

Elisabeth : Oh là là! Une grande soirée directement ? Alors merci, c'est très gentil pour ta réponse !

J'ai envie de te lire un poème, un tout premier, qui s'appelle « l'espérance ». Et c'est écrit par Anne Perrier. Anne Perrier, c'est une poétesse valaisanne qui vit dans le canton de Vaud. Elle doit avoir maintenant plus de 90 ans. Et moi, je la trouve extrêmement belle:

 

L'espérance tient dans le creux de la main

comme une larme, mais si fraîche

qu'elle pourrait suffire au monde

si toutes les eaux s'en allaient

 

 

Caroline : Court si court. Juste le temps d'être une goutte d'eau, si fragile, éphémère et essentielle. Comme le temps présent, précieux et indispensable à la vie. L'eau, tout un poème. J'en écrirais peut être un jour... avec Marie?

 

Elisabeth : D'accord! Je pense qu'une poétesse comme Anne Perrier doit lui plaire beaucoup. Elle a toute une série de poème comme ça. C'est très très court, c'est souvent quatre phrases et il y a toujours un petit bout positif, un petit bout négatif, ou dans le sens contraire, négatif et après positif. Tu en aimerais un autre?

 

Caroline : Oui, volontiers.

 

Elisabeth : On va reprendre. Anne Perrier toujours?

 

Caroline : Ok.

 

Elisabeth : C'est encore un plus court. Alors, je le lis tout doucement.

 

Chaque matin

le monde s'éveille

si usé

si frais

Je te le relis une fois...

 

Caroline : Si fragile, le matin de nos vies. Si frais, car chaque jour nouveau. Oui, je le vois ce beau matin.

 

Elisabeth : C'est bien si le livre suivant va continuer avec de la poésie, Caroline. Alors là, c'est le troisième d'Anne Perrier.

J'avais pensé te faire une collerette avec ce poème, mais il faut que je trouve le tissus qui va bien pour écrire dessus, parce que j'ai essayé sur un et ça a tout pompé. Donc ça ne va pas. Il faut que ça reste bien bien lisible.

 

Plus le temps se fait sombre

Et la route aride

Plus je remplis

Mon fichu d'étoiles

 

Caroline : Fichu ou collerette! Bonne idée d'y mettre des étoiles, celles de nos beaux matins, celles de l'aube qui s'éveille à la vie. Je me sens pousser des ailes d'écriture et plein d'envie de les mettre sur papier.

 

Elisabeth :OK. Alors, la collerette va suivre. Tu es instantanément d'accord avec la transcription qu'Anne-Catherine fait de ce que tu transmets?

 

Caroline : Oui, ça me correspond tout à fait. Avec ses mots à elle, avec son intuition et ses couleurs.

 

Elisabeth :Tu as senti comme tu me chauffes bien la main? Merci en tout cas de m'avoir bien chauffé la main. J'aurais dû mettre les guêtres pour venir au lieu de venir comme ça toute froide!

 

Caroline : J'aime ta venue dans mon intérieur. Intérieur appartement bien sûr, mais surtout intérieur du cœur. Je te sens si proche de moi, si à l'écoute de mon cœur. C'est une relation privilégiée que je peux vivre avec toi.

 

Elisabeth :Et bien moi aussi. Qu'est-ce que tu souhaites maintenant Caroline? Savoir quelque chose de moi, de ma famille ou bien que je te lise encore des textes?

 

Caroline : Un texte me parle de toi et de ce qui t'es cher. Allons-y avec un poème si tu veux bien.

 

Elisabeth :Alors moi je t'ai déjà dit que j'aimais beaucoup Anne Perrier. Si jamais je trouve un de ses livres, je te l'amènerais comme ça tu auras tous ses poèmes. Et puis un autre poète que j'aime beaucoup s'appelle Charles Juillet. Il était orphelin de sa maman très tôt et il a été élevé par une maman de rechange qui l'a beaucoup aimé et toute sa vie il a souffert du manque de cette maman parce qu'il était tout petit quand il l'a perdue et il l’a perdue dans des conditions particulières. C’est-à-dire qu’elle a fait ce qu’on appelle une déprime après un enfant et puis tout le monde l’a crue folle et elle a été internée. Mais elle était simplement trop fatiguée. Et ce Charles Jullier a souffert toute sa vie de ne pas savoir qui était sa vraie maman et il a été sauvé par l’écriture. Et moi je connais deux livres. Un livre de poèmes qui s’appelle « Bribes pour un double » et un autre qui s’appelle « Lambeaux ». Et le livre qui s’appelle « Lambeaux », c’est où il raconte et il essaie d’imaginer comment est sa maman biologique. Et en même temps il peut raconter comment est la maman qui l’a élevé. Et c’est un très beau lien entre les deux histoires. Et de Charles Jullier, je ne t’ai malheureusement pas mis de textes, mais il y en a un que j’aime particulièrement :

 

Si tu ne cesses de progresser

À l’intérieur du labyrinthe

Ta force ira grandissant

 

 

Caroline : Oh que je suis d accord avec lui ! Ma force, c'est mon chemin dans mon labyrinthe de vie. Une vie pas droite du tout. Comme chacun d'ailleurs, quoiqu'on en pense. Ma force est là. Et j'aime aussi le questionnement sur la maternité. Je vis avec des mamans et les vois se questionner, être avec leurs enfants. Quelle maman es-tu?

 

Elisabeth :Je pense que je suis une maman heureuse et une grand-maman heureuse. J’ai quatre petites-filles et bientôt j’aurai un petit-fils qui va venir dans quelques jours, alors on se réjouit beaucoup. Et avoir des enfants, ça a été beaucoup de bonheur. Ça m’a fait grandir moi aussi, ça m’a fait cheminer dans ma vie comme tu chemines dans la tienne. Ils ont été très souvent des repères. Ils ont été souvent… le mot béquille n’est pas tout à fait juste, mais un soutien, on dira.

 

Caroline : Je ne serai jamais maman... J'essaie de le vivre à travers Marie et Clara et sentir ce qu'elles ressentent. Ça me touche beaucoup. Et je me relie et essaie de comprendre ma maman, qui elle est pour moi, notre relation. C'est très présent chez moi, ce questionnement sur ma maman et notre relation.

 

Elisabeth :Alors moi ce que je peux dire, de toi et ta maman, c’est que tu l’as beaucoup fait grandir et que tu n’as pas fini ton travail. Tu dois continuer.

 

Caroline : Oui, on chemine ensemble. Je suis émue de parler d'elle avec toi. Il me semble que tu comprends ce que nous vivons ensemble, que tu le perçois au-delà des mots, à travers ton ressenti.

 

Elisabeth : …C’est très émouvant pour moi ce que tu dis là. Ça me fait verser un petit peu d’eau dans les yeux. Et ça fait du bien à quelque part, parce que toutes les deux on a l’impression qu’on est parties très très vite dans une conversation qui est tout au fond de moi.

 

Caroline : On revient à l'eau. Une goutte de rosée...

L'eau, cet élément qui nous relie... On est fait d'eau parait-il, on se rejoint dans l'eau, qui est notre source, notre premier lieu de vie. On y vivait, dans le ventre de nos mamans.

 

Elisabeth :… C’est juste…

Alors moi je t’avais amené en tout sept textes parce que j’aime bien le chiffre sept et c’est aussi sept jours de la semaine. Alors si plus tard tu as envie d’en lire un par jour, ils sont toujours là. Et puis si ça te plaît ce type de choses, eh bien, assez régulièrement je t’amènerai sept textes, soit par l’intermédiaire de Marie, soit si je viens te dire bonjour.

 

Caroline : Merci! Tous ceux qui viennent à ma rencontre m'apportent tant de richesse! Si tu le peux, j'aimerais beaucoup, et ça serait une richesse pour moi, que tu puisses me les lire et partager toi-même. On s'entend et s'il n'y a pas de clavier pour coucher les mots, tu sauras les entendre, je le sais.

 

Elisabeth :D’accord…. Alors ce texte il est de Jean Grenier. Je n’ai jamais rien lu d’autre de lui que cette petite parole :

Combien de germes

Suspendus dans notre esprit

Ont attendu une circonstance favorable

Pour éclore ?

Tu aimes bien que je te le lise deux fois ?

 

Caroline : Oui.

Ces germes de vie. Ils sont si nombreux ! Ils n'attendent qu'à éclore. Ils bourgeonnent et attendent le papillon qui viendra les ouvrir et les semer dans d'autres bourgeons.

 

Elisabeth :Alors un autre texte. Romain Rolland.

La discussion est impossible

Avec qui prétend

Ne pas chercher

Mais posséder la vérité

 

Caroline : Ah la vérité! J'en ai croisé des personnes qui pensaient détenir la vérité. Sur moi en particulier. Et qui n'y étaient pas du tout! S'ils savaient! J'aimerais tant qu'ils puissent s'ouvrir à autre chose. Ils y gagneraient en richesse et le monde, les cabossés en particulier, en profiteraient. La vérité n'existe pas...

 

Elisabeth :C’est toi qui est cabossée qui en profite, Caroline. Quand tu nous dis ça, on en profite aussi beaucoup.

J’ai un autre texte de Christian Bobin. Je l’ai extrait d’un livre qui s’appelle « l’inespérée ». Moi je trouve que rien que le titre « L’inespérée » fait envie de lire le livre.

 

 

 

L’intelligence est la force solitaire

D’extraire du chaos de sa propre vie

La poignée de lumière suffisante

Pour éclairer un peu plus loin que soi

Vers l’autre, là-bas, comme nous

Égaré dans le noir

 

Je te le redis encore une fois…

 

Caroline : Et certains disent de nous « retard mental »! L'intelligence est là pour chacun, je le sais et en suis la preuve. J'aimerais donner une plus grande définition à l'intelligence. Un accueil de la vie et une adaptation, une compréhension de ce qui nous arrive. Un chemin de vie, un laisser-être qui est notre manière d'être intelligent, à nous qui n'avons pas la parole. Et que chacun peut vivre au-dedans.

 

Elisabeth :Merci Caroline, c’est bien beau. Et je trouve qu’on a tous une grande chance, nous d’abord, je pense, et toi aussi, c’est de pouvoir maintenant enfin communiquer. Quand je pense qu’il y a des tas de gens qui n’avaient pas de communication possible. Et là, de sentir toute cette communication avec toi, avec d’autres. Et maintenant vous avez aussi dans votre camp la possibilité de vous battre. Et j’espère que tu vas arriver à te battre encore longtemps.

 

Caroline : Merci pour ce beau message. Notre rencontre d'aujourd'hui est une pierre posée dans l'édifice que nous bâtissons pour parler de nous, cabossés et de ce que l'on vit. Alors encore un tout grand merci pour ta présence précieuse et ta foi en mes mots. A bientôt pour partager intimement.

 

Elisabeth :Alors j’ai pris le dernier texte qui je pense va bien pour ce qu’on vit ensemble. C’est un texte d’Alain Serre. C’est une devise.

Savoir partager

Deux œufs du matin

En trois parts égales.

Un souci ?

En deux parts fraternelles

Et la liberté ?

En nulle part.

Je le refais encore une fois…

 

Caroline : Et un partage avec toi, à toujours, pour toujours.

 

Elisabeth :Il n’y a plus que le mot MERCI...

 

Je vais te raconter une histoire, quand on parlait des gens comme toi des légumes. Je ne sais pas quel légume tu souhaites être, mais tu peux me le dire une fois, si c’est une carotte ou un chou-fleur. J’avais 16 ans et j’avais un parrain que j’aimais beaucoup et qui m’amenait en voiture dans tout le canton de Vaud et qui chaque fois me payait un petit sirop et quand je rentrais à la maison avec une petite moustache rose ici autour… Alors ma tante elle voyait tout de suite que c’était lui qui était allé boire un ballon de rouge. Alors, c’est un très très beau souvenir de ce parrain. Et il a fait 2 AVC qui l’ont rendu un « légume ». toi tu dis Cabossés, appelons les mots qui étaient utilisés. Ma marraine ma dit de venir le voir, mais elle ne m’a pas dit comment il était devenu : au fond de son lit, la bouche ouverte, en train de baver. Je ne te fais pas un dessin, je crois que tu vois ce que je veux dire. Je rentre dans cette chambre, je regarde ce parrain. J’avais 16 ans… Tu imagines… Une gamine…Je suis restée tellement choquée sur le pas de porte que je n’ai pas osé avancer. Et ce parrain, tout à coup, il me dit : « Elisabeth, tu vois comment on peut devenir ». Et j’ai vu que dedans, il était toujours là, toujours présent. Et depuis je me suis dit que chaque fois que je verrai un légume, j’essayerais de regarder dedans. Et c’est lui, au fond, qui m’a aidé à être avec quelqu’un comme toi sans développer la crainte de l’étranger. Je le remercie encore aujourd’hui parce que c’est quelque chose qui m’a plus apporté que ce que j’ai donné.

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