Le 9 juin 2014

 

Caroline et Benoìt se retrouvent dans un centre bouddhiste. Caroline a passé le week end chez ses parents et Benoît est allée la chercher à Savièse. Ils iront ensuite à l’appartement de Caroline à Sion.

 

 

Caroline : Bonjour Benoît. Beau lieu pour une rencontre...

 

Benoît : Salut Caro. Je crois que tu as raison. Il n’y a pas de meilleur lieu pour poser l’esprit.

 

Caroline : Je me pose un peu trop je crois. Retiens- moi. (Caroline ferme les yeux)

 

Benoît :Je vais penser que je suis soporifique. Caroline revient s’il te plaît, reste avec nous.

 

Caroline :J’essaie... Allons-y…Parle-moi de ton lama.

 

Benoît :Ah ! Lama Norbu Repa. Ça tombe bien. On a eu cette belle surprise qu’il descende d’Allemagne, de Strasbourg, jusqu’en Valais et repartir en France juste après. Donc il est resté une journée et demi ici et il nous a emmenés dans son énergie et ses enseignements. C’était magnifique. Il est allé voir son lama, sa Sainteté le Karmapa. Donc, il venait d’aller voir son maître et il nous a donné toute cette belle énergie. A nous et à tous ceux qui n’étaient pas là. Tu en fais partie maintenant, avec cette connexion que tu as eue.

 

Caroline :C’est bon d’être accompagné par un maître. Je trouve ça merveilleux.

 

Benoît :Oui.

 

Caroline :J’aimerai en croiser plus souvent.

 

Benoît :Justement, je me demandais si tu en avais déjà croisés, des maîtres tibétains, par exemple. Pas tibétains, mais bouddhistes.

 

Caroline :Dans l'espace plutôt. Des maîtres hors du corps, des pensées vivantes.

 

Benoît :Oui, tu as quand même une grande affinité avec le courant bouddhiste parce que par plusieurs biais tu es arrivée à rencontrer des grands maîtres et des belles personnes qui sont pour l’instant dans cette voie-là.

 

Caroline :Oui, merci à tous ceux qui m'ont permis ces rencontres. Je suis si reconnaissante à tous ces maîtres qui nous enseignent la vie. Et on est aussi des maîtres les uns pour les autres et ça c’est juste top.

 

Benoît :Ça c’est une belle compréhension que tu as de voir en chaque événement, en chaque personne un maître potentiel. C’est la fondamentale de toute spiritualité. C’est le symbolisme dans la vie qui est le plus fort quand on arrive à le voir, quand on arrive à voir les choses purement. Tout est enseignement, tout est Bouddha et ça c’est magnifique.

 

Caroline :Oui, je le vis tous les jours. Tous ces gens que j’ai croisés dans ma vie ! Les bons et aussi les autres qui m'ont peut-être encore plus appris. Tu parlais d'abandon, je l’ai appris de ces rencontres malencontreuses.

 

Benoît :Ah ! Tu as fait des rencontres malencontreuses ? Matériellement ? Sur cette terre ou ailleurs ?

 

Caroline :Des personnes qui ne me voyaient pas alors que j'étais juste là, en face d'elles. Qui ne prenaient soin de moi qu’à travers leur petite et fausse vision de mes besoins,

 

Benoît :Mais j’espère qu’il n’y en a pas trop autour de toi en ce moment. Je te le souhaite en tout cas.

 

Caroline : Oh non pas du tout.

 

Benoît :On a tous cette tendance-là. Parce que même moi j’ai cette tendance à des moments de voir mon petit ego. De prendre plus soin de mon ego que des autres, c’est sûr.

 

Caroline :Vous êtes si bons avec moi. Ton ego n'est pas si grand, quand tu es avec moi. Tu t’oublies plutôt en moi.

 

Benoît :C’est sûr. C’est une bonne chose, non ? Avec toutes les heures où je l’adule, je peux bien passer quelques heures avec toi où je l’ignore, où je le laisse complètement de côté, où il n’existe plus, j’espère.

 

Caroline :Oui c’est une bonne chose, en tout cas pour moi.

 

Benoît :Pour moi aussi, figure-toi, c’est une très très bonne chose. Tu es un médium pour m’aider à avancer. Si je peux m’exprimer comme ça. Et on en revient à dire que tout peut être médium, moyen habile pour nous aider à avancer. Je pense que tout est pur, finalement. A nous de purifier notre vision. Mais tout est déjà parfaitement clair et pur. Je pense que tu vis dans un monde clair et pur et nous on vit plutôt dans un monde que l’on complique. Donc, en méditant, en essayant d’ignorer son ego, on se rapproche plus de ton monde, ça c’est sûr. On fait des va et vient dans ton monde et tu fais des va et vient dans le nôtre. C’est pas mal. Si on arrive à se croiser au bon moment, c’est cool.

 

 

Caroline :On se rencontre si bien. Tout n'est pas si pur. Je te rassure. On va de l'un à l’autre et tu m’apportes autant. Ne soit pas si modeste sur toi. Je t’aime.

 

Benoît :Moi aussi je t’aime beaucoup Caro, on s’aime beaucoup. Merci...

 

J’aurais une question, je peux ? Est-ce que tu trouves qu’il est meilleur ou plus intéressant d’aider les personnes cabossées en les sortant, en allant leur faire faire du bowling, manger des pizzas, les faire raccorder à quelque chose qu’ils n’ont pas accès, leur redonner des envies, très humaines, enfin, très matérielles et concrètes ? Est- ce qu’il est plus intéressant de leur réapprendre les envies, leur réapprendre les désirs, les attentes, l’impatience, plutôt que de travailler sur leur état qui est plus proche d’une réalité ultime pour moi. Pourquoi leur redonner des tâches et des impuretés dans leur esprit plutôt que d’aller dans leur sens et de continuer à leur ouvrir leur cœur et leur esprit à quelque chose de plus ultime ? Comment tu vois les choses toi, par rapport à ton corps et ton esprit et les autres que tu côtoies et que je côtoie aussi. Je pense aux personnes à Cerebral Valais qui font des week-ends, des personnes comme Samuel, des personnes qu’on connaît bien. Des enseignements, des choses plus profondes ne les aideraient pas plus ? Les remettraient peut-être dans une situation plus réelle par rapport à leur situation physique et d’esprit. Est-ce que ça serait pas plus judicieux de les faire avancer comme ça ?

 

Caroline :Je suis cabossée. J'aime sortir avec vous, j’aime les rencontres surtout. Effectivement, tout n'est pas si simple. Les sorties m’aident et me rapprochent de vous. Et je suis pour un rapprochement, une meilleure compréhension de nos deux mondes. Venez donc vous aussi vers nous.

Comment pouvez- vous nous comprendre?

 

Benoît :Si par exemple moi, je me développe intérieurement, il est certain qu’on va se rencontrer beaucoup plus facilement et je vais pouvoir t’aimer et te comprendre. Et donc pouvoir te comprendre beaucoup plus facilement. Mais il faut d’abord que je sache qui je suis, qu’est-ce que c’est que Benoît ? Qu’est-ce que c’est que cette réalité, avant de t’approcher, toi et les autres, tous les autres, tous les êtres. Je pense que, ce que je voulais dire par ma question d’avant, c’était est-ce que tu as déjà réfléchi à la cause vraiment ultime de ta souffrance actuelle, si s’en est une. Est-ce que tu as déjà essayé de voir le fondement de ces empêchements que tu as actuellement, la vraie cause. Je ne parle pas de cause physique, la naissance ou des choses comme ça. Est-ce que tu as déjà replacé ton handicap dans quelque chose de plus ultime. C’était ça ma question. Et si oui, est-ce que tu as une réponse à me donner ? Ou à te donner ?

 

Caroline :Les empêchements et les causes ultimes sont de mon karma, tu le dis. Le nettoyer par cette vie difficile pour éradiquer ces causes ultimes. C’est pour ça que je dis que j'ai encore du chemin et que vous m'aidez sur ce chemin…

C’est la seule réponse que je peux te donner.

 

Benoît :Est-ce que tu aurais envie de suivre quelqu’un qui t’explique, comme Sixte ou Lama Norbu ou un prêtre ? Est-ce que tu aurais envie d’avoir des réponses par quelqu’un qui a déjà fait un peu le chemin et de poser des questions à des personnes comme ça pour avancer ? Parce que nous on est encore dans notre ignorance totale, si je puis dire, enfin, moi, c’est pour ça que je vais essayer de m’éduquer, d’apprendre, mais j’ai besoin de quelqu’un qui a fait le chemin. Est-ce que tu aurais envie de suivre quelque chose comme ça, plus sérieusement ?

 

Caroline :Envie de réponses. Jusqu'à présent c’est la vie qui m'accompagne et les compréhensions entre cabossés et notre manière de communiquer et d’être en dehors de ce corps.

Enrichir mes compréhensions me parle bien. Avec ceux qui peuvent m'aider. Je n'y avais pas pensé car pas accès à des maîtres. Pas toujours compris de nos accompagnants, donc pas de possibilité imaginée.

 

Benoît :Et maintenant ? Ça veut dire Oui ?

 

Caroline :Tout change vite pour moi. Très vite. Tant de nouvelles possibilités s'ouvrent à moi.

 

Benoît :On ne sait pas combien de temps on a, Caro. Ça tu en es consciente, je sais. Pour apprendre, le meilleur moyen, c’est le corps humain et l’esprit. Je dirais que tu as une grande grande chance et en même temps un grand grand empêchement. C’est ce qui fait ta force. A toi de découvrir quel moyen tu as pour avancer et acquérir de la connaissance rapidement. Je te fais tous mes souhaits dans ce sens-là parce que, tous les êtres, on peut leur faire des souhaits dans ce sens-là. Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de la chance qu’on a. On se rend pas bien compte que c’est une bulle de savon tout ça. Faisons de notre mieux.

 

Caroline :Mais la vie continuera après et d'autres bulles de savon se présenteront, d'autres vies et d'autres conditions de vie, non?

 

Benoît :Oui. Si tu disais ça dans les vies d’avant où tu étais quelqu’un qui pouvait marcher, qui pouvait danser, manger toute seule. Et maintenant tu vois comment on peut être dans une prochaine vie. C’est un gros empêchement quand même .pour toi et ça peut être encore pire, je pense. On peut se retrouver carrément avec un esprit tourmenté et là on ne pourra plus jamais ou pendant longtemps se pencher sur la question et discuter entre nous. Donc, ça c’est des connaissances qu’il faut vraiment acquérir. Tu es sur la bonne voie je pense, continue comme ça. Les rencontres que tu fais maintenant ça veut bien dire que tu as beaucoup travaillé avant, déjà.

 

Caroline :Ma vie d’aujourd’hui n'est pas vraiment un empêchement.

 

Benoît :Ta vie de demain pourra l’être encore plus.

 

Caroline :Les rencontres me font avancer. Et pourquoi ce corps est si empêchant puisque il me fait te rencontrer?

 

Benoît :Ce n’est pas le corps qui est empêchant, ce sont les moyens que tu as d’avancer à la compréhension et à la connaissance. Ce sont des moyens beaucoup plus lents que quelqu’un qui aurait accès à aller tout seul sur internet, regarder des enseignements ou se déplacer tout seul, prendre le train et aller suivre un maître ou rencontrer une personne qu’il aime. Toi tu ne peux pas le faire, pas facilement, il te faut du temps, il te faut des moyens beaucoup plus importants. Pour ça, c’est un empêchement. Et le temps, on n’en a pas forcément, on ne sait pas combien. Si on se rappelait notre karma avant, on pourrait savoir jusqu’à quand on est dans cet état, dans cette vie. Mais on est encore loin de savoir tout ça. Peut-être que toi tu sais.

 

Caroline :Et ceux-là sont aussi vite à aller de droite et de gauche...

 

Benoît :Donc ton corps qui ne peut pas aller à droite et à gauche est peut-être une bénédiction, c’est vrai. Si tu en es consciente comme tu l’exprimes, alors oui ton corps est une bénédiction, plus que le mien. Parce que moi, il m’a fait perdre du temps aussi. Aller à droite et gauche, tester des choses, se rendre compte qu’elles ne vont pas, recommencer parce qu’on a une tête de bois. Tu as raison.

 

Caroline :A chacun sa bénédiction....

 

Benoît :Et à chacun ses empêchements...

 

On pourrait continuer à discuter. Il y a déjà beaucoup de choses de dites, moi tu m’as donné des réponses, tu m’as posé des questions. Si je peux conclure pour moi et après tu concluras si tu veux, je ne vois aucune différence entre toi et moi. Ce n’est que du bla bla de dire que mon corps est un empêchement et pas le mien. Si on a une bonne connaissance de la Réalité, il n’y a pas de souci. Comme tu disais, on en fait ce qu’on veut de nos empêchements et de nos avantages. On peut même les inverser si on veut. Donc, ça c’est du bla bla. Par contre, moi je te fais tous les souhaits du monde de continuer et d’avoir des personnes qui t’accompagnent qui soient équilibrées dans le sens que, ok, il faut aller au cinéma, ok il faut aller manger des pizzas, ça c’est bien. Mais il faut aussi des personnes, et je pense que tu en as autour de toi, je pense à Catherine, à Line, qui continuent de t’ouvrir les portes de l’esprit et non pas que des portes du monde matériel parce que on a tous besoin de continuer à avancer ça c’est clair, intérieurement. J’espère que les personnes autour de toi elles seront toujours équilibrées. Dans le sens un petit peu de matériel, un petit peu de spirituel. Anne-Catherine est là pour te le montrer aussi. Donc, il n’y a pas de souci. Je suis assez confiant pour l’avenir. Même si d’autres personnes que je ne connais pas arrivent il y a déjà un équilibre qui est là. C’est toi la gardienne de l’équilibre, dans l’appartement et pour toi-même. Comme pour ton papa et ta maman, tu es au milieu.

 

Caroline :Les rencontres sont guidées par la vie. Merci pour tes souhaits et que toi aussi tes rencontres t'enrichissent et soit certain que je viendrai te trouver.

 

Benoît :Tashi dele. Merci Caro, merci Anne-Catherine. Merci aux lamas. Tout ce qu’on a dit, je l’offre à tout le monde, à tous les êtres qui sont là aussi.