Le 12 mars 2015

 

caroline :  Salut Greg bienvenue chez moi.

Grégory :  Merci Caroline de m’accueillir.

caroline : Je t écoute.

Grégory :Tu m'écoutes... Alors Caro, je vais te poser quelques questions. J’en ai noté quelques unes sur des papiers qui m'interpelaient. C'est vrai qu'on a déjà parlé un petit peu autrefois. Tu m'as raconté ce que tu aimais manger, ce que tu aimais boire, ta couleur préférée, etc. Je voudrai donc aborder avec toi d’autres sujets.. Tout d’abord, j'aimerais savoir comment tu vis cette expérience de l'appartement après ta période en institution.

caroline : C'est extraordinaire ! Être chez moi est une révélation, un bouleversement.  L'appartement est mon chez-moi, l'institution et le chez-nous. Et c'est là une différence fondamentale. Je préfère habiter chez moi avec vous.

Grégory : D'accord….

caroline : J'y suis écoutée, entendue. C'est le plus important pour moi. Bien sûr, mes besoins vitaux d'abord, mais sans écoute, il ne peut y avoir de besoins répondus. Alors oui, j'aime ça, être chez moi.

Grégory : Est-ce qu'il y a néanmoins, Caroline, des choses en institution qui te manquent ici à l'appartement?

caroline : J'aime être avec mes amis cabossés. Je demande à les inviter car on aime se rencontrer, partager. C'est important, ce lien. On est semblable. On vit sur la même planète et ça nous fait du bien d'être ensemble. Comme toi avec tes amis, car tu es il me semble aussi sur une autre planète, non?

Grégory : Un petit peu, oui. C'est vrai qu'on est tous d’une certaine manière sur une autre planète. Même si on est avec les autres, on est chacun un peu dans notre dimension.

caroline : Quelle est ta planète ?

Grégory : Quelle est ma planète? Je la cherche encore, en fait. Je cherche encore ma planète, Caro. Je suis un peu un exilé, je recherche d'où je viens, un lieu plus pur, mais je ne sais pas encore où.

caroline : L'exil, ça me parle. On a ça en commun. Je te rejoins là, c'est là notre point commun. La recherche d'un sens à notre vie peut-être?

-     Peut-être, oui. Il y aurait beaucoup de questionnements sur ce sujet. A propos de questionnement, quels sont, Caro, tes questionnements intérieurs qui t'inspirent le plus?

-  caroline : On y vient... mes questionnements... pourquoi tant de distance entre les êtres humains? Pourquoi une telle incompréhension de l'autre? J'aimerais et je cherche à rejoindre l'autre. Nous avons tant à partager.

Grégory : Comme disait Sartre: “L'enfer, c'est les autres.” Tout ce problème de distance avec les gens, comment est-ce qu'ils nous comprennent... Justement, j'avais noté sur ce sujet une question, j'aimerais savoir si avec les gens, tu es plus sensible: au langage, aux attitudes, aux gestes ou aux expressions. Qu'est-ce qui finalement te touche le plus, dans ta proximité avec les gens ? Sachant qu’on est toujours en rapport avec l'autre.

-  caroline : Chez l'autre, je sens et entends au-delà des mots. Même pas une attitude. Encore au-delà. Tout à l'intérieur. Mais visible peut-être aussi dans une attitude.

-  Grégory : En parlant d’un autre langage quelle effet te produit la musique?

-  caroline : Ce que ça fait en moi, c'est ça la question pour moi. Elle entre en moi de partout. Elle vient habiter mon corps. Elle m'emporte et c'est ça qui est le plus fort, le plus fou et ce que j'aime dans la musique. Tous les styles me plaisent. Le choix se fait en fonction des vibrations que ça créé en moi.

-  Grégory : Ne ressens-tu pas dans la musique un fort sentiment de nostalgie?

-  caroline : Nostalgie. Qu'est ce que c'est?

-  Grégory : Le retour d’un sensation profonde.

caroline : Peut-être pas un souvenir de vie, mais un souvenir, un réveil de ce qui est au plus profond de moi. Tu comprends cette sensation?

-  Grégory : Oui, je tente de le percevoir... Caro finalement quel langage te parle le plus?

caroline : Le langage du coeur bien sûr ! Il peut s'entendre de différentes manière suivant les personnes et les situations. Toi, tu le dis sûrement entre autres dans ta musique. Il se dit rarement avec les mots. Ce n'est pas votre manière habituelle de vous dévoiler. Alors j'écoute votre corps, je vois vos transparences.

-  Grégory : Ce  ne sont pas les mots qui te parlent le plus.

-  caroline : Oui c'est comme ça que je le sens. Ils vous sont bien pratique vos mots. Ils sont si grands qu'ils vous cachent.

-  Grégory : Exactement, le langage justifie plus qu’il ne dit…

-  caroline : Et vous pensez que je suis en manque, sans les mots!

-  Grégory : C’est vrai, le silence est lourd à porter… Tu dois bien percevoir cela avec les animaux… Je crois que tu as chat ici, votre cohabitation se passe bien?

-  caroline : Kitty est bien ici. Elle aime mon énergie et j'aime sa nonchalence. On mêle nos énergies et on se fait du bien mutuellement.

-  Grégory :C’est ainsi qu’on apprend à vivre ensemble…

-  caroline : Oui et j'aime connaitre ce monde. Il a besoin de nos prières et de gens comme nous pour être bon. Crois-tu à la puissance des pensées?

-  Grégory : Je me dis que la force de la pensée donne à la conscience collective toute son harmonie, qu’elle a aussi  un rapport au mouvement du corps. On le ressent à l’intérieur de nous.

-  caroline : Oui, je les sens comme étant nous au même titre que nos corps, mais en plus puissant. Tu as utilisé le mot harmonie et c'est cela que je cherche pour moi et désire pour notre terre.

-  Grégory : C’est l’intention du meilleur… Et quelle saison préfères-tu?

-  caroline : La saison du coeur! ... je suis plutôt des douces chaleurs. Très sensible aux grands changements. Parfois ils me font comme mal. Parfois ils me font dormir. Je n'aime pas ces gros changements dont l'homme est responsable. La terre, c'est comme si elle me parlait.

-  Grégory : Caro parle moi de ta vision des religions? Es-tu plus attaché à l'une d’entre elle?

- caroline : D'abord j'aimerais te dire que j'aime tes questions. J'aime pouvoir mettre en mots (!) Ce que je vis et tes questions m'y conduisent, m'ancrent dans cette réalité.

Les religions relient, enfin, c'est le nom qui le dit. Et elles séparent, délient. J'aimerais un lien qui nous unissent tous. Je ne me sens pas d'une religion en particulier. J'aime l'universel. Je connais un peu le bouddisme par Benoît. Et ça me parle bien. Pas la structure ritualisée mais leur manière de voir et d'expliquer la vie. J'ai aussi entendu parler de quelques êtres particuliers qui me sont proches.

- Grégory : Pourrais-tu me donner un exemple?

- caroline : Des êtres qui me sont devenus particuliers. Leur histoire de vie. Leur lien avec l'invisible. Jésus est un de ceux-là. Une sacrée belle personne.

(Gregory remercie pour le partage)